L’AFRIQUE : NID D’ARTISTES BRUTS ?

En 1989, le commissaire d’exposition, Jean-Hubert Martin organise l’exposition Magiciens de la terre exclusivement dédiée aux arts «non- occidentaux» contemporains.

Cet événement qui représente une première en France a eu lieu simultanément au Centre Georges Pompidou et à la Grande Halle de la Villette et a réuni 101 artistes.

Excellent outil de dialogue culturel, l’exposition a ouvert la voie à une véritable prise en compte des formes d’expressions artistiques contemporaines d’ailleurs, qui ne correspondent pas aux modèles occidentaux.

André Magnin est celui qui a sélectionné les artistes africains participant à cet événement.

Pendant longtemps, ce galeriste a arpenté les villes et villages africains pour dénicher les pièces à présenter lors de l’exposition.

Plus tard, il consacrera vingt ans de sa vie à constituer, pour le compte de Jean Pigozzi, l’une des plus grandes collections d’œuvres d’art contemporain africain.

Un rappel des spécificités de l'art brut : 

Romuald Hazoumé, TransumEnts, 2015, plastique et métal, 30x26x36cm (la pièce), courtesy Magnin Art.

Le peintre Jean Dubuffet, théorise l’art brut par deux éléments : l’un est d’ordre sociologique et l’autre d’ordre artistique.

La dimension sociologique de l’art brut s’intéresse au contexte d’origine de l’œuvre et son degré de formation.

Un artiste autodidacte et marginal qui crée sans avoir conscience de sa qualité d’artiste et sans s’inscrire nécessairement dans un courant artistique correspond parfaitement à la définition sociologique de l’auteur d’art brut.

En ce qui concerne la dimension artistique de cet art, elle est plus subjective et concerne un langage esthétique nouveau et un attachement fort aux matériaux.

Beaucoup de peintres africains n’ont jamais mis les pieds dans une école d’art. Ils n’ont pour beaucoup, reçu aucune formation artistique et créent souvent de façon spontanée dans un but esthétique ou pour véhiculer un message.

Les créations africaines mêlant récupération d’objets et art naïf sont nombreuses.

Certains ayant peu de contact avec l’Occident n’ont su qu’ils étaient artistes que le jour où un touriste, un collectionneur ou un marchand d’art comme André Magnin leur a dit qu’ils en étaient un.

D’autres ont même connu l’internement psychiatrique parce qu’incompris de leurs concitoyens. C’est le cas du béninois Georges Adeagbo.

Les œuvres des premiers artistes d’art contemporain africains ont aussi été pour la plupart «brutes» en un premier temps.

Trois exemples d’artistes Africains d’art Brut, ayant participés à Magiciens de la terre.

Les peintures naïves de Chéri Samba :

Chéri Samba, J’aime bien son dos, 2011, acrylique et paillettes sur toile, 135x200cm, courtesy Magnin Art.

Artiste autodidacte, incontournable de la scène contemporaine africaine, Chéri Samba débute avec des réalisations dans les ateliers de peintres d’enseigne et de publicité de Kinshasa.

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